Comme tout francais en voyage au
Quebec qui se respecte, nous nous faisions, evidemment, une
grande joie de faire la connaissance de nos cousins
quebecois.
Nous avions un peu l'impression de
faire un tour a la maison, quoi!
C'est vrai, toutefois, une petite
anecdote, concernant le "Je me souviens"* des plaques
d'immatriculation quebecoises, m'avait mis la puce a
l'oreille.
On m'avait dit, qu'en plaisantant,
les quebecois expliquaient que cette expression rappelait la
capitulation de la France face aux anglais et l'abandon de la
Nouvelle-France.
Quand meme, il y aurait un petit
peu de rancune, la derriere, que ca ne me surprendrait pas,
m'etais-je dis...
Voyageant au Quebec, la semaine ou
les festivites du 400eme anniversaire de la Belle Province ont
commence, j'ai eu tout loisir de me pencher un peu sur son
histoire, et j'ai realise l'impensable.
En 1760, suite a la capitulation de
la France, les troupes francaise se sont retirees
en laissant derrieres elles 60 000 colons
francais.
Imaginez-vous la France aujourd'hui
tourner tranquillement la page sur 60,000 de ses
ressortissants? Par exemple, laisser a leur sort les francais de
Cote d'Ivoire apres un coup d'etat ou les francais de Floride apres
un pusch de la famille Bush (ca rime)?
Non, vous ne l'imaginez pas et
pourtant c'est qui s'est produit a l'epoque. La honte...
Apres cela, j'ai eu un peu de mal a
digerer les discours de la classe politique francaise en
deplacement a Quebec a l'occasion de l'anniversaire (Fillon,
Rafarin, Royal, notamment) qui m'ont semble totalement a cote de la
plaque (ca n'est pas nouveau vous me direz).
A les ecouter, pas de
doute, ils se sentaient en terre francaise... Le plus
affligeant, c'est que meme entoures de conseillers pour leur macher
leurs discours, ils ont tous fait preuve d'ignorance et de
pretention, traitant le Quebec comme un departement ou un
territoire d'outre-mer. Affligeant...
Difficile apres cela, de jeter
la pierre aux Quebecois qui trouvent les francais souvent
pretentieux, meme s'ils revent d'aller visiter la terre de leurs
ancetres.
Il y a donc bien des francais de
France et des quebecois, avec deux histoires differentes et ce
qui frappe chez les francophones du Quebec c'est l'energie
avec laquelle ils se sont battus et se battent encore pour
preserver notre langue, et leur francais, fait de depanneurs
et de magasinage, dans un monde d'anglophones.
Pas toujours facile,
particulierement a Montreal, ou l'anglais est enormement parle,
notamment par les jeunes.
En conclusion, "Tu crois-tu pas
qu'il faut se remuer un peu?".
Cedant un peu plus de terrain
chaque jour a l'anglais universel, notre cher francais a besoin de
chacun de nous, francophones de tous pays (ici a Miami,
francais, Haitiens et quebecois) pour etre parle, ecrit et
lu.
Il a aussi besoin de tous ces
petits expats qui ecrivent en francais leurs aventures americaines
et partagent ensemble le plaisir de notre belle langue, pleine de
nuances et de subtilites.
* Malgre de nombreuses
interpretations, il s'agirait en fait d'un hommage aux premiers
colons.